Vrai





Empruntant chacun un escalier différent
Nous nous sommes parlés
Les mots n'ont pas su résister
Déchirés par tant d'écart
Blanc, secret, fard
Brûler après lecture
Le matériau brut du mutisme
Incarcéré dans le sourd
 Douloureux comme un membre amputé
Vibrant à chaque soupir
Du poids des chocs
Du poids des épreuves
Du poids des chocs
Il a manqué l'envie d'une toilette délicate
Passant nos griffes rétractiles derrière nos oreilles bien dressées
Il a manqué l'air frais des steppes
Celui qui parfume le langage de ses pollens
Enrobe les lèvres
Et elles se collent les unes aux autres
Se collent enfin sur le son pur
C'est ce qu'on croit
Nous nous sommes heurté le front
Contre des citadelles indifférentes à la résignation
Le dur des droitures infâmes
Nous nous sommes décapités sous les faux-semblants
Le mensonge drapé de soi des vertus amoureuses
Tout va bien
Tout va bien
Yeux mi-clos
Sourire ouvert sous la lame des vérités
Aveuglantes
Je ne saurai jamais si tu savais
Comme elles l'étaient


 



   






Juillet 2014